samedi, février 28, 2026

La véritable Fraternité spirituelle ne se manifeste pas à travers des maîtres personnalisés et médiatisés


Max Heindel 


Il peut être utile de dire quelques mots sur cet auteur, qui reste méconnu, et qui est mis sous le boisseau, alors que son œuvre serait un excellent antidote au new age déliquescent. Max Heindel a fourni des repères irréfutables et indispensables quelle que soit notre orientation. L’appellation « Rose-Croix » à laquelle il se réfère ne doit pas être considérée comme un signe d’étrangeté ésotérique. Dans le cas de Max Heindel, la Rose–Croix dont il s’inspire n’est pas en relation avec quelque société occulte qui propose des recettes pour obtenir des pouvoirs. Ici, la Rose signifie l’âme incarnée, qui s’épanouit sur la Croix épineuse de l’existence. Identique dans son essence au symbole oriental du Lotus, la Rose montre que le chemin de l’âme est parsemé d’épines.

Max Heindel disposait d’une capacité de clairvoyance supérieure par laquelle il a donné des informations d’une précision incomparable sur la constitution du monde visible et invisible. On a prétendu que Heindel fut l’élève de Steiner, mais quoique les deux hommes se soient rencontrés au début du 20ème siècle quelque part en Allemagne, leur démarche fut sensiblement divergente. En effet, Steiner, voulait redonner une impulsion spirituelle aux arts, aux sciences et à l’éducation, tandis que Max Heindel se concentra exclusivement sur l’élévation de l’être.

Ces clairvoyants disaient avoir été inspirés par les « Frères Aînés » d’une Fraternité occidentale, dont le centre secret aurait été proche de la Bohème. Max Heindel qui vivait en Amérique, fut invité à s’y rendre pour y recevoir ses enseignements. Il n’a pas fondé d’organisation structurée et les cours sont gratuits.

Steiner et Heindel se référaient à la « Fraternité de la Rose-Croix occidentale », qui ne doit pas être confondue avec la « Hiérarchie des Maîtres » qui est la devanture de la loge luciférienne planétaire. Cette confusion est la source des divergences et contradictions entre les enseignements spirituels contemporains. Certains sont des imitations frauduleuses. Nous ne nous étendrons pas sur le problème de la concurrence entre les hiérarchies occultes, l’une récupérant la connaissance de l’autre en la caricaturant.

Disons simplement que Max Heindel a créé une situation irréversible du point de vue de la connaissance. Parce qu’il a révélé des mystères avec une grande précision, les chercheurs sincères étudiant son œuvre, se laisseront moins abuser par les fantasmagories occultistes.

La véritable Fraternité spirituelle ne se manifeste pas à travers des maîtres personnalisés et médiatisés, sauf rare exception. Son action demeure secrète, précisément pour déjouer la malveillance des puissances qui vampirisent le plan terrestre. Ainsi, depuis la fin du 19ème siècle, il est apparu des pseudo ordres rosicruciens, qui n’ayant pas de légitimité en relation avec la véritable Rose-Croix, se sont réclamés d’une « grande loge blanche » orientale – qui est un conseil illuminati suprême.

La grande loge « blanche », grise, noire…



Ce « syndicat » des anciens égrégores lucifériens (et leurs alliés de la loge noire arhimanienne) est représenté par des « maîtres virtuels » dont les noms ont été vulgarisés par la Théosophie et les médiums qu’ils utilisent : Morya, Khut Houmi, Djwal Kool, Hilaryon, Rackoczi, le pseudo St Germain (il exista un vrai Rose-Croix identifié historiquement en tant que Comte de St Germain, qui serait venu au 18ème siècle pour adoucir les ravages de la révolution française)… Les frères de la Fraternité spirituelle occidentale sont anonymes, pour ne pas engendrer d'idolâtrie et maintenir un champ de sérénité autour de leur travail. Leurs disciples peuvent se faire connaître, tels certains grands mystiques des époques passées (Paracelse, Jacob Bhoeme…)

La différence entre les deux hiérarchies – et ses sous-groupes - qui prétendent influer sur l’évolution de l’humanité, n’est pas seulement fondée sur l’écart culturel entre l’Orient et l’Occident, mais sur une différence de but, de méthode et de stratégie. Ainsi, la « loge blanche » est au service de la survie des hiérarchies du plan astral (égrégores des religions), alors que la fraternité spirituelle occidentale se réfère à d’autres dimensions.

La pseudo grande loge blanche veut « politiser » le monde afin d’y implanter son ordre mondial, alors que la fraternité « christique » tente au contraire de sortir les âmes du circuit des réincarnations. Ces deux stratégies répondent à deux options opposées : conservatrice ou libératrice. Il est très difficile d’y voir clair.

La hiérarchie luciférienne a la prééminence politique puisqu’elle travaille à travers d’innombrables courants, organisations loges, sociétés secrètes « blanches, grises, noires », etc… Au début de sa quête, le chercheur de vérité ne comprend pas cette différence, car il croit que tout ce qui brille est spirituel. Il ne peut imaginer que la spiritualité c’est aussi de la politique supérieure. Il trouverait scandaleux qu’on puisse voir une intention politique derrière les beaux messages de la « loge blanche », jusqu’à ce qu’il réalise que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. L’erreur est d’ignorer que le « blanc » et le « noir » sont les deux faces de la même médaille. L’illuminati se présente sous un visage humaniste et répand des messages opportunistes de paix et d’espérance, alors qu’il est compromis dans l’exploitation de l’humanité et collabore avec les vieilles puissances d’asservissement.

Les illuminati se réfèrent souvent à la « grande loge blanche » comme à leur maison mère, tandis que les spirituels libres se disent « inspirés » par de mystérieux « Frères Aînés ». Sur ces êtres, on ne sait pas grand chose, hormis que leur chef est appelé symboliquement Christian Rosenkruz depuis le 13ème siècle. Il y aurait une filiation entre la Rose-Croix et le Catharisme – ce qui laisse penser que cette Fraternité change de nom et de méthode selon les époques.

Les Jésuites ont toujours combattu Christian Rosenkrutz qu’ils considèrent comme leur plus grand adversaire. Il connaîtrait leurs plans et saurait comment les déjouer. Steiner dit que ces deux fraternités poursuivent des buts opposés. Les initiés jésuites stimulent leur ordre mondial, tandis que les disciples de Christian Rosenkrutz œuvrent en secret à l’instauration d’une civilisation libérée de l’emprise des puissances mondiales.

Si vous étiez un chef des illuminati, que feriez vous, face à un adversaire insaisissable, doté d’un puissance indestructible mais qui ne peut combattre qu’avec les armes de l’amour et de la sagesse ? Et bien, vous feriez comme les Jésuites. Vous fabriqueriez des leurres, des imitations caricaturales de votre adversaire. Vous inventeriez un christianisme officiel, un bouddhisme officiel, Franc-Maçonnerie officielle, de faux ordres initiatiques, tel le pseudo ordre rosicrucien AMORC. Celui-ci est particulièrement jésuitique. Il se réclame du tibétain Koot Humi, dont le disciple Djwal Kool est le fondateur du new age ! Ensuite, vous inonderiez le monde de messages spirituels agréables à entendre. Il y en aurait pour toute les tendances, depuis le niveau du catéchisme jusqu’à l’ésotérisme le plus alambiqué. C’est la technique de l’imitation et de la saturation. 

Nous en resterons là sur cette question, et nous renvoyons le chercheur intéressé par ce sujet à la lecture de la « Cosmogonie des Rose-Croix » de Max Heindel et à ses autres ouvrages comme les « Enseignements d’un initié » qui explicitent en langage simple les questions que chacun se pose sur la vie et la mort. 

La « marginalisation » de cet auteur pourrait s’expliquer par sa lucidité en ce qui concerne la spiritualité astrale et la médiumnité, dont il a montré le caractère rétrograde dans l’ère nouvelle. Il s’agit d’un ésotériste courageux qui est venu expliquer aux prétendus « initiés » que la rotation des chakras ne doit pas être amplifiée, mais inversée, si l’on veut changer de dimension et pénétrer dans le monde de l’âme. Cette précision sonne comme une condamnation des pratiques archaïques de l’ancienne magie, et l’on comprend que les adeptes de l’occultisme classique n’aient pas apprécié cette mise au point, sachant que le « système illuminati » maintient l’humanité dans l’ancienne formule énergétique. 

La « Cosmogonie » de Max Heindel constitue la base de ce qu’il faut connaître sur les cycles de la terre ainsi que sur la constitution subtile de l’être humain. Max Heindel a synthétisé et remis en ordre des informations qui sont éparpillées dans des dizaines de livres ésotériques.

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