mercredi, août 16, 2006

Marc B. : De vous savoir en recherche et en exploration me réjouît. Celui qui ne cherche pas ne se trompe qu’une seule fois, et c’est une bien maigre consolation. J’ai aussi souri en lisant, constatant qu’ici et là nous avons des regards bien distincts sur les choses, et c’est tant mieux.
Ah ! La maison en paille, Ah ! les toilettes sèches : j’ai des voisins, fervents adeptes et zélateurs du tantrisme bouddhique, qui se sont entichés de ces nouveaux engouements. Alors, comme je n’entends parler que de ces nouvelles " panacées ", et que les oreilles commencent à me bourdonner, je ne résiste pas au plaisir un peu béotien, et ironique, de vous faire partager mes impressions de néophyte.
Je suis allé sur le site que vous nous proposez,
http://www.lamaisonenpaille.com/ Surprise : il y a surtout une maison en paille, non des multitudes de réalisations. On a presque l’impression que le webmestre du site construit sa maison, fait appel à des stagiaires et nous offre le tout comme une sorte de projet école destiné à révolutionner le monde. En matière d’habitat on appelle cela essuyer les plâtres. J’espère aussi que les stagiaires qui viennent sont correctement déclarés et rémunérés, que leur employeur " maison en paille " cotise pour eux aux caisses des URSSAF et qu’ils seront correctement assurés en cas d’accident de chantier. Il ne faudrait pas que ce soit encore une de ces initiatives plus ou moins dilettantes et exploitives à la manière de l’enrôlement des " stagiaires pratiquants " dans des centres du dharma qui travaillent gratuitement parfois sans cadre légal et administratif approprié. Je pense surtout à leur protection sur le chantier.
La maison familiale qui nous est montrée sur le site
http://www.lamaisonenpaille.com/ n’est pas d’une grande beauté, même si j’admets que c’est subjectif. Très vaste, elle ressemble de l’extérieur plus à un hangar ou à un entrepôt artisanal qu’à une belle demeure. Des huisseries industrielles ont été intégrées aux murs de paille, semblant signaler que le propriétaire préfère encore le double vitrage St Gobain aux lucarnes d’antan ! Comme quoi sa vision du progrès est sélective : parpaings non, mais double vitrage sous argon oui.
Bref, ma première impression n’est pas totalement conquise. Alors la maison de paille sera-t-elle comme dans le conte des trois petits cochons celle qui s’envole au premier souffle du loup ?
La question se pose.
D’abord les artisans qui proposent aujourd’hui ce mode de construction acquittent-ils effectivement la cotisation de l’assurance décennale, qui permettra à des acheteurs échaudés de faire réparer les malfaçons qui doivent être inévitables sur des nouveaux projets aussi peu maîtrisés ?
Ensuite ces maisons satisfont-elles vraiment aux normes parasismiques actuelles qui sont désormais en vigueur dans un certain nombre de régions de France ?
D’autres questions encore viennent à l’esprit : quid de l’entretien des enduits de terre à l’intérieur ou de chaux à l’extérieur ? Faut-il fréquemment les refaire pour les murs exposés aux précipitations ? Je n’en serais pas étonné. Cela semble bien contraignant. Imaginons un propriétaire de maison en paille qui pour une raison ou une autre néglige quelques années de vérifier et de consolider ses enduits extérieurs : à partir du moment ou l’eau – celle de ruissellement ou l’eau qui éclabousse les bas de murs depuis le sol – commence à atteindre les bottes de paille, celles-ci doivent se gonfler, noircir, et faire pénétrer cette humidité dans la maison, avant que la décomposition de la paille ne s’enclenche irréversiblement.
Autre souci : je n’ai pas noté qu’un chaînage des murs soit effectué sur les galeries de photos proposées. Dans une maison en moellons on coule horizontalement du ciment armé en haut des murs pour s’assurer que cela tiendra bien l’ensemble de la maçonnerie à la manière d’un anneau qui court horizontalement sur toute la maison. Je n’ai rien vu de tel sur les photos, mais peut-être pourrez-vous m’en dire davantage.
Autre problème : comment sceller solidement dans des murs de paille des supports indispensable à l’agencement intérieur, pour la cuisine par exemple, ou pour accrocher un écran plat de télévision en hauteur ?
L’isolation est annoncée fièrement comme étant faite à partir de laine de mouton non lavée. Pour moi ce sera non merci. Je craindrai d’abord que les insectes et les miasmes contenus dans la laine brute ne migrent dans l’habitat. Mais surtout en cas de dégât des eaux par exemple, ou juste un seau d’eau renversé sur un plancher isolé, cette laine de mouton non lavée doit absorber l’humidité et commencer à pourrir dans son compartiment sans qu’on puisse rien y faire. Je n’ose imaginer le désagrément.
Enfin je craindrai que, comme les premières générations de maisons en bois, ces maisons en paille ne soient trop chaudes l’été pour être d’un habitat agréable. Les premiers propriétaires de maisons en bois l’ont découvert à leur dépend : la canicule y est plus insupportable qu’ailleurs, et il a fallu attendre des maisons mieux conçues, doublement isolées pour l’hiver et pour l’été, plus coûteuses donc, pour commencer à régler ce problème.
Pour en revenir aux toilettes sèches qui sont comme une évidence dans ce genre de projet, je n’en voudrais pas pour moi. Mais que chacun fasse comme il lui plaît ! Souvent ce genre de toilettes est construit à l’extérieur de la maison dans un édicule dédié, car qui voudrait de toilettes sèches dans sa chambre ou son salon ? Les infections et les odeurs désagréables peuvent en effet aisément se répandre puisque les matières fécales et l’urine sont juste recouvertes d’un peu de cendre ou de sciure. Elles sont impossibles à désinfecter au quotidien.
Mais avez-vous essayé d’aller aux toilettes dehors l’hiver quand il fait froid, quand il neige ou quand il pleut ? Cela peut paraître amusant, mais si vous songez qu’une enfant ou qu’une personne âgée peut être malade, qu’il ou elle peut souffrir d’un refroidissement ou d’une gastroentérite, lui imposer de se rendre à l’extérieur de la maison en pleine nuit, dans un local sanitaire non chauffé et par grand froid ressemble davantage à un supplice, et je ne suivrai pas les promoteurs des toilettes sèches.
Dans ma région les températures peuvent descendre à -15 voire plus rarement -20 l’hiver. Je ne vois pas comment imposer cela à une famille, à un visiteur, à un fils, une fille, un conjoint, une grand-mère. Pensez à la présence des enfants, à leur fragilité. Imaginez les devoir supporter un froid glacial chaque nuit ou presque, tout cela pour avoir des " toilettes sèches " ! On n’est pas loin de la maltraitance. Ils peuvent vraiment prendre froid. Et on pourrait comprendre que les services de l’état ne donnent pas le feu vert pour ce type de projet domestique qui peut mettre en danger la vie des plus fragiles dans une maison.
Ce genre de projet n’est " utopique " qu’en apparence, il fait froid dans le dos, pour ne pas dire froid aux fesses. Alors faut-il revenir au seau hygiénique ? Personnellement si j’étais chef de famille je n’en voudrai pas pour mes proches, préférant la bonne vielle toilette à chasse d’eau, propre, facile à désinfecter, et qui n’a pas ces inconvénients.
Enfin avec ces toilettes sèches il y a aussi les risques de contamination et d’épidémie à tous les niveaux, au quotidien, les matières fécales restant sur place, mais en particulier au moment du vidage des toilettes, lorsque leur contenu est répandu au jardin par exemple. Comme vous le voyez, le retour au moyen âge ou au dix-huitième siècle n’est pas ma tasse de thé. La hausse de l’espérance de vie a aussi été conquise par l’hygiène et l’asepsie. Et je n’ai pas envie du grand bon en arrière qui semble tenter certains. Vous tente-t-il vraiment ?
Quand au groupe Rainbow, Il semble un mouvement assez hétérogène, connu aux Etats-Unis pour sa
réputation controversée, comme le suggère ce forum de discussion en anglais :
http://www.factnet.org/discus/messages/3/279.html?1143751934
Une très importance consommation d’alcool semble se produire dans la partie " A camp " des festivals. Les soins psychiatriques ne sont pas encouragés, ni assurés, pour les personnes en état de décompensation psychotique. L’hygiène et l’asepsie peuvent faire défaut lors de ces mêmes festivals. Tout cela m’incite à la plus grande réserve quant à ce mouvement qui finira à mon sens tôt ou tard par figurer dans le rapport annuel de la MIVILUDES. Il suffira d’un premier incident, qui semble hélas inévitable. Je ne comprends pas très bien que vous puissiez être tenté par cette étrange " utopie " un tantinet régressive qui de tout évidence commence à être un peu défraîchie, pouvez-vous m’en dire plus ?

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F. Félix : Les flâneries sur Internet sont parfois étonnantes. Le retour de la paille comme matériau de construction, les toilettes sèches, la vie tribale de sauvageons attardés sont probablement révélateurs d’une forme de contestation de l’ordre social trop artificiel, trop aseptisé. Récemment, j’ai accompagné une jeune montpelliéraine à la communauté de l’Arche de La Borie Noble fondée par Lanza del Vasto. L’odeur de l’étable a enchanté la jeune femme. C’est après la deuxième guerre mondiale que l’exode rural a profondément transformé la société française. Toutefois l’urbanisation massive n’a pas supprimé le caractère ancestral des français, peuple de cultivateurs et d’éleveurs. Les effluves bovines ont-elles le pouvoir de réveiller l’atavisme paysan de certaines personnes ?
Il arrive que des néo-ruraux se lancent dans des aventures champêtres assez surprenantes. Dans le Languedoc des originaux vivent dans une autre dimension, comme ce contemplatif de cinquante cinq ans qui demeure dans une yourte mongole au milieu de la garrigue depuis quatre ans. Un panneau solaire lui procure assez d’énergie électrique pour son éclairage. Un autre, autrefois artiste renommé dans son pays, a élu domicile dans un hangar agricole inconfortable. Sa compagne, professeur à Montpellier, le rejoint chaque week-end pour partager sa passion des plantes tropicales.
Comme vous, j’avais formulé de nombreuses questions sur les constructions en paille. Les défenseurs de la bio-construction ont des arguments imparables que je ne peux vous détailler. Cependant, je pense qu’il est préférable de construire une ossature en bois avant d’utiliser la paille. Ce colombage apparent permet un remplissage avec de la terre liée à la paille. C’est le torchis des vieilles maisons à colombage qui datent parfois de plusieurs siècles. On peut aussi fixer des lattes de bois pour qu’un enduit protège l’ensemble de la structure des intempéries.
Des dérapages du mouvement rainbow sont arrivés dans ma boîte aux lettres et corroborent vos réserves. C’est dommage, je croyais que les adeptes de cette utopie respectaient les orientations des pères fondateurs, selon les textes qui se trouvent dans le site du mouvement.
Ce qui me séduit dans toutes ces expériences c’est la pluralité des modes de vie qui s’oppose à la pensée unique. Accordons nous le droit de passer de l’état de sédentaire besogneux à celui de nomade insouciant, et de revenir travailler dans une fascinante mégalopole d’Asie pour ensuite mieux apprécier le silence d’un ermitage himalayen. L’écrivain voyageur Philippe FREY fait rêver avec ses méharées en compagnie de chameliers nomades du Sahara, les derniers hommes libres du désert. Après des mois de vagabondage inconfortable, le retour à la vie sédentaire est bien agréable.
En ce moment, voyageur immobile devant mon ordinateur, je navigue sur Internet et le lamaïsme m’a réservé une nouvelle surprise.
Une relation, femme réaliste qui avait administré un ranch en Amérique du Sud, est entrée dans la petite communauté de Joël LABRUYERE située en Normandie. Internet m’a permis de mieux connaître le maître à penser de la dame de la pampa.
Joël LABRUYERE lutte contre une nouvelle inquisition qui persécute les mouvements spirituels. Il est l’auteur de " L’état inquisiteur " aux éditions des 3 monts. Président d’une association de défense des individus victimes de discrimination en raison de leurs choix spirituels : l’OMNIUM des libertés individuels
http://www.chez.com/omnium/index.html Joël LABRUYERE, qui n’hésite pas à se faire l’avocat de la redoutable secte des scientologues, accuse les lamas tibétains de participer à un plan mondial de contrôle mental :
Pour découvrir ce qu'est le Tibet et le Lamaïsme en se risquant au-delà des "aventures d'une parisienne à Lhassa " ou de "Tintin chez le Yéti", ni se laisser impressionner par les prosternations d'intellectuels convertis, nous avons interrogé un tibétain de vieille souche. Un oriental qui accepte de se défaire un moment de son sourire immuable pour parler sincèrement de choses interdites, voilà qui est assez rare pour être consigné. Monsieur BHODYOUL compte parmi ses ancêtres des bouddhistes de la confrérie des Lohans aussi bien que des lamas Karmapa à bonnets rouges et des Gelugpa du lamaïsme officiel (bonnets jaunes). II n'est donc pas sectaire. Fin lettré et esprit libre. Il connaît l'histoire et les chinoiseries de la politique asiatique. Mais le fait le plus précieux c'est qu'il a des connaissances très précises sur la magie tibétaine sans laquelle les rêves du Tibet n'ensorcelleraient pas l'Occident.
Selon Joël LABRUYERE et Monsieur BHODYOUL, les lamas tibétains, les jésuites, les illuminati sont les ennemis de la liberté et de la paix du monde.
www.conspiration.cc/sujets/religion/conte_fee_tibet_labruyere.html
Naviguer sur le WEB peut donner la nausée, le mal de mer. C’est la première fois que l’idée d’une panne de mon ordinateur me réjouit.
Il est vrai que des lamas sont coupables de malversations, d’obscurantisme, d’immoralité… Mais croyez-vous que l’on peut associer ces voyous himalayens à un complot luciférien international ? Je doute des capacités médiumniques des lamas. (Je doute aussi de l’existence de Lucifer.) Lorsque que je suis arrivé au monastère de MENRI, en Inde, mon apparence était assez minable. Sous mes guenilles de pèlerin, je dissimulais une petite fortune (dollars et chèques de voyage). L’Abbé de MENRI, grand hiérophante et maître des arcanes tantriques du Tibet, me voyant si misérable m’avait solennellement notifié qu’il ne pouvait pas pourvoir à mes besoins. J’en ris encore.
Comment pouvez-vous expliquer cette paranoïa, cette tempête sur le Web qui transforme les lamas en suppôts de Satan, à côté d’eux les scientologues seraient des enfants de cœur ? Le lamaïsme a des relents de nazisme. Le 13ème Dalaï-lama THUMPTEN GYATSO, mort en 1933, avait fait traduire en tibétain le livre de HITLER " Mein Kampf ". HEINRICH HARRER, ami et confident de l’actuel Dalaï-lama, était en réalité un SS en mission au Tibet. Des tibétains combattaient dans les rangs des nazis sous l’uniforme de l’ordre noir SS. Dans les coulisses de la tragédie mondiale, un groupe de lucifériens, les illuminati, tirent les ficelles pour instaurer le règne de l’Antéchrist. Les grandes lignes du scénario de l’avènement de l’Antéchrist se trouvent dans le livre du soufi René GUENON " Le règne de la quantité et les signes des temps ".
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Marc B. : Une brève recherche sur Google m’amené sur cette page du site prevensectes
http://prevensectes.com/lobbies.htm dont voici un extrait :
"
OMNIUM des libertés individuelles et des valeurs associatives. Le but affiché de cette association est de "défendre les individus victimes de discriminations en raison de leurs choix spirituels, religieux ou thérapeutiques". Dans son "code de déontologie", Omnium cherche à rassurer le public avec des clauses sur le respect des droits de l'homme, sur le libre-arbitre, sur l'hygiène et la sécurité... Cela part d'une bonne intention mais, dans la pratique, Joel Labruyère, président d'Omnium, défend en filigrane des sectes dangereuses, et qui précisément, ne respectent pas ces clauses. On peut citer en particulier la Scientologie, une des sectes qui bafoue le plus les droits de l'homme, et dont Omnium bénéficie d'un soutien financier et logistique non négligeable... "
Bien entendu je ne peux me prononcer sur la qualité de ce contenu éditorial que je viens de découvrir, en voici d’ailleurs un autre :
http://www.antisectes.net/experts-presse.htm qui peut aussi vous intéresser.
Alors que cet auteur soit hostile au lamaïsme ne doit pas réjouir, bien au contraire. En réalité ni vous ni moi ne sommes hostiles, et encore moins " contre " le lamaïsme. Ce serait une forme de discrimination religieuse, particulièrement odieuse donc, et l’expression d’œillères. Mais comme vous l’écrivez dans votre message et sur vos blogs, nous avons vu et constaté certaines dérives actuelles commises au nom de cet engouement, et avons choisi de le faire savoir afin que les personnes puissent mieux s’informer et se préserver.
En même temps il y a de bonnes choses vécues ou accomplies au nom du lamaïsme, j’ai personnellement passé une année délicieuse au service de ce vieux lama tibétain que j’ai évoqué dans mes textes. C’était un homme épatant, mais aussi modeste, amical, courtois, sensible et humain, qui exprimait une haute forme de respect pour chacun, y compris les plus humbles de ses visiteurs. Le temps qui a passé depuis sa mort, dix ans bientôt, m’a confirmé dans cette appréciation.
Quand il y a dérapage et que nous le découvrons : nous le signalons, quand la ligne jaune de la loi ou de l’éthique est franchi et que cela vient à notre connaissance : nous l’écrivons. Mais cela ne me donne personnellement aucun désir d’émettre un jugement de valeur général ou un stéréotype à ce sujet.
J’ai lu avec intérêt et non sans une certaine curiosité la page dont vous nous donnez le lien :
www.conspiration.cc/sujets/religion/conte_fee_tibet_labruyere.html
C’est un étonnant mélange d’intuitions brillantes, d’une grande culture historique et il faut bien le dire de spéculations échevelées ! Cet ésotérisme permet de prédire tout et son contraire, d’imaginer une trame aux phénomènes historiques, de donner du sens aux confrontations culturelles. Le problème est que nous n’avons aucun élément de validation ou d’invalidation mis à disposition. Ce que nous dit la personne interviewée est indécidable. Tout au plus nous pouvons y croire, y adhérer (ce n’est pas mon cas) ou non.
L’approche scientifique empirique, ou au moins l’observation, ont le mérite de nous donner des éléments pour valider ou invalider des hypothèses. C’est grâce à cela que l’on peut envisager construire un progrès scientifique, une évolution technologique voire même des avancées sociales : en accumulant l’expérience et en la partageant. Mais la plongée dans l’ésotérisme, la spéculation, l’interprétation totalement subjective ne le permettent pas sauf exception, et je ne peux ainsi y souscrire vraiment. Néanmoins, j’ai lu avec intérêt cette interview qui a pour mérite peut-être de pouvoir stimuler ensuite la réflexion personnelle, d’évoquer d’autres possibilités interprétatives. Mon sentiment est que cette " thèse du complot " contient un mélange de vrai et de choses imaginaires, sans que je puisse me prononcer sur la valeur ou l’intérêt de cet imaginaire faute d’éléments de validation.
Mon impression est en revanche plus assurée sur le terrain suivant : avec la possibilité des échanges humains et de la communication globale en temps réel (téléphonie, fax, Internet, Web 2.0) les courbes d’apprentissage vont connaître un raccourcissement : il faudra moins de temps pour résoudre un certains nombre de questions ou de problèmes, qu’ils soient d’ordre socioculturels, philosophiques, scientifiques et surtout technologiques. En échangeant les documents, en croisant les expériences, en faisant mûrir plus vite les prises de conscience, en accédant aux sources de l’information rapidement il semble clair que ce que qui paraissait obscur ou insurmontable par le passé pourra plus tôt trouver des solutions. Ainsi de grands défis comme la révolution énergétique peuvent même s’envisager à l’aune de cette vitesse d’apprentissage qui est désormais plus grande. Passer des hydrocarbures à l’après pétrole sera peut-être rendu possible parce que nous avons désormais les moyens d’échanger et de communiquer aisément les expériences, les projets, les réalisations. Ce n’est qu’un exemple d’actualité et l’avenir dira si c’est vrai ou non.
Il y a aussi un autre effet qui peut être bienfaisant ou inquiétant selon les cas, c’est celui de l’échelle. Un mot prononcé par le pape en Allemagne peut allumer le feu à l’autre bout du monde. C’est l’aspect inquiétant de ce monde interconnecté. Mais en revanche cette économie d’échelle remarquable qui fédère en réseaux collaboratifs – littéralement - des centaines de millions de personnes avec le Web 2.0 permet aussi des conquêtes et des réalisations rapides et convaincantes. Je consultais ce matin Google vidéo et les cours complets gratuitement mis à disposition par l’université de Californie Berkeley (
http://video.google.com/ucberkeley.html ). Dans un de ces cours, le SIMS 141, consacré aux moteurs de recherche, l’enseignante avait invité Sergei Brin le co-fondateur de Google ( http://video.google.com/videoplay?docid=7137075178977335350&q=owner%3Aucberkeley+is141 ). Celui-ci a introduit la séance de questions/réponses avec les étudiants par un intéressant propos liminaire. Il a indiqué qu’il n’avait pas vraiment cru que l’initiative de Wikipedia de créer une vaste encyclopédie collaborative et gratuite sur Internet, nourrie et éditée par les internautes eux-mêmes serait possible et pourrait aboutir. Mais il avait ensuite constaté que ce pari a bien été gagné : Wikipedia est bel et bien devenue une source relativement fiable et diversifiée d’information encyclopédique. Pour Sergei Brin, c’est l’effet d’échelle qui a permis cela : c’est parce que le nombre des internautes – et donc aussi de contributeurs à l’encyclopédie - est très élevé que la possibilité de réussir une gageure comme celle-ci est devenue possible.
Comme je vous le disais dans un billet précédent, je crois que les gourous ambigus et les promoteurs d’idées contestables ont du souci à se faire. Dans un sens Internet et les communications globales leur donnent des outils pour convaincre et rallier des supporters. Mais c’est sans compter sur l’effet d’échelle : plus de 500 millions d’ordinateurs sont reliés à Internet, entre cinq cents millions et un milliard d’êtres humains vont peser attentivement et parfois activement à leur tour sur les images qu’on voudrait leur imposer. Le progrès a accéléré. Si les sectes et les organisations en repli communautaire sont si crispées aujourd’hui c’est aussi parce que l’ouverture formidable de notre champ de connaissance, permis en particulier par l’Internet collaboratif, va exposer leurs mécanismes, informer sur leurs dérives, neutraliser l’habileté de leurs discours, voire de leurs stratagèmes.
La colère de certains ne s’explique pas autrement : l’avenir interconnecté, informé et attentif du Web 2.0 va exposer leurs contradictions, et inévitablement diminuer leur influence, sinon mettre sur la paille leur business, peu ou prou, en informant chacun sur l’envers des décors… On peut comprendre qu’ils protestent véhémentement… Mais cela ne changera rien… Car désormais un seul clic de souris peut suffire à dissiper le plus puissant des sortilèges… Il suffit parfois de taper une requête dans la petite boîte de recherche de Google pour découvrir le pot aux roses : " Sogyal sex " (pour cette requête cocher l’option : " Web " pour accéder aux sources anglophones), " Shugden ", ou encore " Joël Labruyère ", clic-clac, faites envoi, le Web collaboratif fait le reste… et semble leur dire paisiblement : " Désolé messieurs, votre heure est passée. "
Mais ceci est une provocation à la réflexion, qu’en pensez-vous ?
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F. Félix :

2 commentaires:

revenche a dit…

http://enchainementdecriminalites.centerblog.net/56-juste-une-verite

JE NE CROIS PAS EN L HUMANITE

JE N Y CROIS PLUS

LORSQUE QUELQUE CHOSE DE BEAU PORTEUR D ESPOIR EST DONNE A CETTE ESPECE LES MALES S EMPRESSENT DE DETRUIRE

NON JE NE CROIS PAS EN L HUMANITE JE NE CROIS PAS EN CETTE ESPECE




EN FAIT MON HISTOIRE C'EST L HISTOIRE D UNE INNOCENTE PUNIE PARCE QU'ELLE N A PAS FAIT CE QUE L ON ATTENDAIT D'ELLE BEN SI C EST CA TA RELIGION BOUDDHA C EST DE LA MERDE!




Il aurait été possible de me sauver : pour cela, il aurait fallu qu'un autre maitre tibétain me relève de cette amnésie, afin de me rendre enfin capable d'aimer et de vivre une vie. (ils ne l'ont pas fait cela allait à l'encontre de leurs intérêts)



cette video montre la cruauté du bouddhisme tibétain et cela n 'a pas changé, les lamas sont restés des êtres cruels et despotiques, s'immaginant qu'ils ont un capital illimité de vies à détruire et à leur disposition



http://daserste.ndr.de/panorama/media/dalailama74.html

où l'on comprends la vérité de la merveilleuse compassion du dalai lama et du bouddha et des lamas envers les 70% de la population qui sont serfs ou outils parlants : les sans -droits!!!!!!!!!!!!!

Sites Web Clervie a dit…
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